Extension de la Menace : Du Sud-Kivu aux Lisières du PNKB à Kalehe
Le diagnostic établi par le département WMU du NPADR asbl confirme que l’« économie de survie » identifiée dans le territoire de Walikale se manifeste avec une intensité identique aux abords du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB), plus précisément dans la zone de Kalehe.
Ce secteur constitue un point chaud de la biodiversité du Bassin du Congo où la forêt primaire subit une pression anthropique constante.
Ce front de déforestation actif est alimenté par des populations locales confrontées à un taux de chômage alarmant, touchant 70 % des jeunes et des femmes, qui utilisent les lisières du parc comme une « banque accessible » pour l'agriculture sur brûlis. A Kalehe, tout comme à Walikale, les panaches de fumée observés témoignent de la transformation systématique de la forêt en champs de maïs ou en charbon de bois (Makala), un cycle du feu qui détruit les habitats naturels.
Cette dynamique engendre un impact sévère sur l’écosystème de la région des Grands Lacs par la création de « zones rouges » de déforestation, lesquelles fragmentent les corridors biologiques essentiels aux espèces protégées du PNKB. La dégradation profonde des sols à Kalehe, résultant de ces méthodes archaïques, épuise rapidement les nutriments essentiels après seulement quelques cycles de culture, forçant les agriculteurs à empiéter davantage sur les limites du parc national pour trouver des terres fertiles.